samedi 23 avril 2016

Animale, tome 1 de Victor Dixen



Auteur: Victor DIXEN

Edition: Gallimard

Collection: Pôle Fiction

Nombre de pages: 544

Parution: Aout 2015

Prix: 8,65

Résumé: 1832. Blonde, 17 ans, a grandi dans un couvent, entourée de mystères. Qui sont ses parents et que leur est-il arrivé? Quelle est la cause de ces évanouissements fréquents? Alors qu'elle s'enfuit pour remonter seule le fil du passé, Blonde se découvre un côté obscur, une part animale: il y a au coeur de son histoire un terrible secret.


Si tu entres souvent dans une librairie, si tu lis souvent des blogs littéraires, tu as déjà certainement entendu parler de Animale de Victor Dixen. Plébiscité par de nombreux lecteurs, objet d' un véritable tapage médiatique, je n'étais toutefois pas réceptive à cet emballement.J'ai enfin fini par l'acheter et par le lire! Et quelle découverte! J'ai tout simplement adoré ce livre qui restera longtemps dans ma mémoire.


Ce roman narre l'histoire de Blonde, une jeune fille de dix-sept ans et orpheline, vivant dans un couvent au cœur d'un bois vosgien. Sa vie n'est pas vraiment heureuse, elle s'ennuie, elle ne peut lire ce qu'elle veut et surtout elle se sent enfermée dans un carcan. Sa vie change lorsqu'elle reçoit d'un inconnu de mystérieuses lettres écrites par une certaine Gabrielle. Blonde y découvre son histoire quelque temps avant son énigmatique disparation. Pourquoi cette femme a-t-elle disparu? C'est justement ce que Blonde va essayer de savoir quitte à découvrir des choses très étranges, digne d'un conte. Suite à tout cela, Blonde fugue du couvent, entame une nouvelle vie et fait face à de terribles révélations sur son passé familial et sur elle-même. Mais quelqu'un l'attend, l'amour de sa vie, Gaspard,qui n'est pas au courant de sa situation.
Cette réécriture du conte de Boucle D'Or est absolument merveilleuse! L'auteur nous emmène en 1832, après la défaite de Napoléon en Russie. Etre transporté dans ce contexte, m'a beaucoup plu. S'il s'était déroulé à notre époque, j'aurais moins aimé. J'ai été happé dès le début par l histoire, l’univers sombre et terrifiant bien lointain du conte me prenant totalement. Très vite, nous sommes emmenés dans un fabuleux voyage dans la magnifique forêt vosgienne, au Vatican, en Italie et dans les lointaines îles nordiques. L'auteur décrit très bien ces divers endroits, je n'ai eu aucun mal à me les imaginer.
Le suspense est très présent durant tout le roman, les pages se tournent, les questions à nos réponses arrivent et très vite le livre se referme.
L'idée d'alterner les points de vues était très intéressante. Cela m'a permis de voir les personnages différemment et d'en apprendre plus sur leurs sentiments.
Mon seul regret, c'est l'histoire d'amour entre Blonde et Gaspard, que j'ai trouvé trop pauvre. L'ellipse temporelle entre leur rencontre et leur fiançailles ne m'a pas vraiment plu!

J'ai beaucoup aimé le personnage de Blonde. On s'attache à elle, comme à une sœur. J'ai adoré suivre sa vie, ses évolutions.Je la trouvais au début un peu apathique au point d'avoir envie de la secouer comme un prunier, mais heureusement elle se "réveille" de sa torpeur. Ce qui est aussi très agréable, c'est la façon dont Victor Dixen dépeint  les émotions de Blonde, tous ses moments d'angoisses, de "tortures" mentales sont très bien partagés par le lecteur.
J'ai bien évidemment succombé au charme de Gaspard, c'est impossible de ne pas l'aimer, l'amour qu'il porte pour Blonde est magnifique. On ne peut qu'être touché par ce personnage prêt à tout pour celle qu'il aime.
Il y a une multitude de  personnages passionnants dans ce roman, mais je ne peux pas vous en dire trop, il faut garder un peu de surprise quand même!

Je tiens aussi à écrire à quelle point le style de Victor Dixen est merveilleux. C'est fluide, truffé de mots magnifiques. Un écriture toute en émotion: angoisse, joie, tristesse alternent en un véritable tourbillon renversant !

Une chose est sûre, c'est je ne verrai plus du tout de la même façon Boucle d'Or. J'ai adoré cette lecture, Victor Dixen m'a transporté dans un univers passionnant et surprenant. J'aurais aimé que la lecture dure encore et encore, que ce voyage ne s’arrête jamais, mais bon toutes les bonnes choses ont une fin! C'est la première fois que je lisais une réécriture de conte et je n'ai pas été déçue! Je retenterais certainement l’expérience!

Le coin des citations: 

Les cheveux sont comme un flou qui gomme les défauts des visages imparfaits, mais qui voile aussi la perfection des visages sans défauts       



Cette bande-annonce donne très envie, non?



lundi 18 avril 2016

Le sourire des Femmes de Nicolas Barreau


Auteur: Nicolas BARREAU

Edition: Héloïse D'Ormesson/ Le Livre de Poche

Nombre de pages: 286

Parution: Février 2014

Prix: 18/7,10 euros

Résumé: Le hasard n'existe pas! Aurélie, jeune propriétaire d'un restaurant parisien, en est convaincue depuis qu'un roman lui a redonné le gout à la vie. A sa grande surprise, l’héroïne du livre lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Intriguée, elle tente d'entrer en contact avec l'auteur, un énigmatique collectionneur de voitures anciennes, qui vit reclus dans un cottage. Qu'à cela ne tienne? Elle est déterminée à faire sa connaissance, mais l'éditeur du romancier ne va pas lui
faciliter la tache. S'ensuit une série de rendez-vous manqués 
et de quiproquos délicieux.  

Avis: C'est en me promenant dans les allées de ma bibliothèque que j'ai trouvé ce roman au titre plutôt alléchant et à la couverture toute jolie! C'est une bonne lecture détente.

Aurélie est une jeune femme que son copain vient de quitter. Elle ne sait plus vraiment ce que signifie sa vie alors par un après-midi, elle décide d'aller se promener dans les rues de Paris. C'est alors qu'elle s'arrête dans une librairie et y trouve un livre qui va changer sa vie. Elle de dévore en une nuit et se rend compte que l’héroïne du roman, Sophie, c'est elle. Il y a bien trop de ressemblance avec elle: le même restaurant, ses cheveux ondulés, sa robe. Elle décide donc de rencontrer Robert Miller, l'auteur. Celle-ci, très tenace, va tout faire pour le voir, même si ce n'est pas au goût de son éditeur.
Quiproquos et comique de situations sont au rendez-vous. Quasiment tout le roman en est empli d'ailleurs. Si au début, je trouvais ça plutôt amusant, cela n'a pas tardé à m'énerver. J'ai trouvé que c'était trop niais, digne d'un téléfilm que l'on regarde le mercredi par un après-midi pluvieux. C'est le genre de roman où l'on devine trop vite la fin.
Mais ce livre est aussi très agréable pour plein de petites choses notamment le décor parisien, gourmand et romantique.

Ce qui m'a beaucoup dérangé dans ce roman, ce sont les personnages. Je n'ai malheureusement pas réussi à m'attacher à eux.
Aurélie apparaît comme l’héroïne de l'histoire et pourtant on ne quasiment rien sur elle. Si ce n'est sa paranoïa pour découvrir qui est Robert Miller et entrer en contact avec lui. J'ai aimé suivre sa vie mais je suis déçue que l'auteur n'ait pas approfondi son personnage.
André, l'éditeur de Robert Miller, ne m'a pas plu du tout. J'ai trouvé que l'auteur parlait trop de lui, oui c'est le personnage central masculin, mais j'ai réellement l'impression qu'il n'a pas laissé la parole à Aurélie. De plus, André est insupportable, menteur et trop sûr de lui.

La plume de l'auteur est agréable, fluide sans être exceptionnelle mais bon je ne m'attendais pas à quelque chose de fabuleux! Malheureusement je me suis un peu ennuyé, ayant très vite deviné la fin! Le happy end était trop prévisible!

En bref, un bon roman pour se détendre par mauvais temps ou sur le bord de la plage; Ce n'est pas un livre qui restera longtemps dans ma mémoire certainement  à cause de son manque d'originalité et sa sur présence de clichés !


mercredi 6 avril 2016

Miss Peregrine Et Les Enfants Particuliers de Ramson RIGGS



Auteur: Ramson RIGGS

Edition: Bayard Jeunesse

Nombre de pages: 438

Parution: Mai 2012

Prix: 15,90

Résumé: Jacob est un ado comme les autres, excepté qu'il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d'enfants qu'ils lui montraient quand il était petit? Les histoires qu'il lui contait sur eux étaient-elles vraies? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent? Tout s’accélère le jour ou il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu'à suivre les dernières instructions qu'a murmuré son grand-mère 
avant de rendre son dernier souffle...

Avis: Miss Peregrine est un roman qui me donne envie depuis tellement longtemps que je n'ai pu hésiter en le voyant à la bibliothèque. Bon je l'avoue, c'est surtout la couverture qui m'a impressionné ainsi que les nombreuses et superbes photos dans le roman. C'est vraiment un magnifique objet- livre! J'avais, par contre, vraiment peur d'être déçue mais finalement c'est un vrai coup de cœur!

La quatrième de couverture est très vague. On sait juste que cette histoire est très étrange mais apparemment passionnante. On entre donc dans ce livre sans vraiment savoir où l'on va. J'ai beaucoup aimé cette idée, chaque page était une surprise et enchaînait une foule de questions.
On découvre Jacob, un adolescent de 16 ans, qui depuis tout petit entend des histoires assez originales de la bouche de son grand-père. Celui-ci lui parle d'un orphelinat, sur une île au Pays de Galles, avec des enfants plutôt particuliers. Mais en grandissant, Jacob a cessé d'y croire, pour lui ce sont maintenant que des contes. Jusqu'au jour où son grand-père meurt dans de mystérieuses circonstances, Jacob jure avoir vu une sorte de monstre l'attaquer. Vient alors toute une remise en questions à propos de ces fameuses "histoires" qui ne sont peut-être pas si fausses!
Ce roman est fantastique. notamment a cause de l'atmosphère, véritable personnage à elle seule. Elle est lourde et donne parfois de légers frissons. Pourquoi? Une île toujours plongée dans le brouillard, des habitants pas du tout accueillants, un seul hôtel et un seul téléphone pour toute l'île! Bref cela ne me donne pas vraiment envie!!

Autre bon point du roman, ce sont les personnages. Je vais avoir du mal à vous les décrire sans vous en dire trop! Jacob m'a tout de suite plu, par son sens de l'humour, sa sensibilité, sa curiosité et son courage. Tout ce qu'il a fait sur cette île, j'en aurais été incapable. Je serais sûrement partie en courant depuis bien longtemps!
Il y a bien évidemment Miss Peregrine, personnage le plus mystérieux du roman, mais aussi celle qui répond enfin à toutes nos questions!
Et bien sûr, les fameux enfants particuliers, qui sont justes géniaux! Au fil des pages, on découvre leur vie, leur don et surtout on s'attache beaucoup à eux.

J'ai adoré le style de Ramson Riggs. Sa plume est fabuleuse, fluide. On ne peut plus décrocher du roman, on est tenu en haleine, les pages se tournent trop vite. Les photos apportent un gros plus. Elles donnent encore plus d'étrangeté à cette histoire et offre aussi un côté plus réelle.

En bref, ce livre est un véritable coup de cœur, j'ai hâte de lire la suite afin de plonger à nouveau dans cette atmosphère. C'est le genre de roman qu'on ne peut pas laisser tomber, vraiment pas. Je vous  conseille donc à 100% ce roman!

Le coin des citations: 

" Les étoiles aussi sont des voyageurs du temps", ai-je songé.
Combien de ces points lumineux provenaient de soleils déjà morts? Combien d'étoiles étaient nées, dont la lumière ne nous parvenait pas encore? Si tous les soleils, à l’exception du nôtre, s'éteignaient ce soir, combien de vies nous faudrait-il pour comprendre que nous étions seuls? J'avais toujours eu conscience que le ciel était plein de mystères, mais je réalisais seulement aujourd'hui que la Terre l’était aussi.





Voici la bande annonce du tome 1 adapté par Tim Burton.
J'ai tellement hâte de voir ce film!!


samedi 2 avril 2016

Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre de Ruta SEPETYS


Auteure: Ruta SEPETYS

Edition: Gallimard

Collection: Scripto

Pages: 432

Parution: Octobre 2011

Prix: 14,20

Résumé: Lina est une jeune lituanienne comme tant d'autres. Très douée pour le dessin, elle va intégrer une école d'art. Mais une nuit de juin 1941, des gardes soviétiques l'arrachent à son foyer. Elle est déportée en Sibérie avec sa mère et son petit frère, Jonas, au terme d'un terrible voyage. Dans le désert gelé, il faut lutter pour survivre dans les conditions les plus cruelles qui soient.
Mais Lina tient bon, portée par l'amour des siens et son audace
d'adolescente. Dans le camp, Andrius, 17 ans, affiche la  même
combativité qu'elle.

Avis: La vie de Lina Vilkas bascule lorsqu'un soir, des soldats du NKVD frappent violemment à sa porte. Lina, sa mère et son frère sont embarqués dans un horrible voyage vers un kolkhoze en Russie. Ils vont y vivre des choses absolument horribles!

Ce roman est unique et pourtant j'en ai lu des livres sur la Seconde Guerre Mondiale. Mais celui-ci a quelque chose en plus. En effet, il traite de la guerre dans des pays peu connus, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie qui ont subi les assauts de la Russie pendant de longues années. Découvrir cette autre vision de la guerre était très intéressant. Mais il faut avoir le coeur bien accroché, l'auteure nous épargne rien de la terrible vie des Vilkas. On se retrouve plongé avec eux dans ces horreurs sans nom: la peur, la saleté, les maladies, le manque d'espace, la violence et la mort. Ruta dresse un tableau de cette période  terrible avec force réalisme.

Les personnages sont la force de ce roman. Lina m'a tellement touchée par sa façon de penser, d'agir, de garder la tête haute. Elle est très mature pour son âge et très douée en dessin. Son don va d'ailleurs beaucoup lui servir pour exprimer sa colère, sa tristesse. C'est un pansement sur ses plaies. Je pense que je ne l'oublierai jamais.C'est pour moi une véritable héroïne! Elle est bien trop jeune pour vivre des choses aussi horribles. Et pourtant elle reste forte, s'accroche à la vie et prends d'énormes risques pour les siens.
Jonas n'a que 10 ans au moment de la déportation, ainsi tout au long du roman, on le voit forger son caractère et devenir un homme bien trop tôt malheureusement. C'est ce qui m'a beaucoup choquée dans ce roman, ce sont ces enfants privés d'une adolescence et qui resteront certainement traumatisés longtemps par ces années dans des camps.
Il y a aussi Andrius, 17 ans, qui vient de perdre son père. Son personnage m'a beaucoup impressionné. Il essaie de toujours garder le moral et de se dire que rien n'est perdu!
Enfin il y a Mme Vilkas, cette mère prête à tout afin que ses enfants survivent. C'est une femme qui essaie de ne jamais perdre la face afin d'être un pilier pour ses enfants.
Ces personnages représentent tous quelque chose. Le Chauve, la résignation et la défaite d'une nation oppressée. Le soldat Nikolaï l' espoir  dans l'humanité et l'histoire d'amour entre Lina et Andrius, la promesse d'une vie  meilleure et une motivation de rester en vie.

J'ai adoré ce roman, c'est un coup de cœur fois 100! Ruta Sepetys écrit magnifiquement bien. Chaque phrase est une explosion de sentiments: pleurs, joie, colère... C'est un roman qui vaut vraiment le détour, et même s'il est classé jeunesse, je pense qu'un adulte peut très bien le lire!
C'est donc un roman fabuleux, un véritable coup de poignard!

Le coin des citations: 

"J’avais l’impression d’osciller au gré d’un pendule : à peine venais-je de basculer dans un abîme de désespoir que le balancier repartait en sens inverse; il suffisait d’un rien ou presque – un petit bonheur, un simple geste."






samedi 19 mars 2016

Nord et Sud de Elisabeth GASKELL


Auteure: Elisabeth GASKELL

Edition: Points

Collection: Grands Romans

Pages: 685

Année de parution: 1854

Prix: 8.95

Résumé: Dans l’Angleterre victorienne au milieu du XIXème, la jeune et belle Margaret Hale mène une vie confortable auprès de ses parents, dans la paisible et conservatrice région de la  Cornouailles. Son père, ministre paroissial, décide un jour de renoncer à l'Eglise et part vivre avec sa famille dans le Nord de l’Angleterre. Margaret se retrouve alors plongée dans le monde industriel, ses duretés et sa brutalité. Au contact des ouvriers, la conscience sociale de la jeune fille s'éveille et la transformer radicalement.

Avis: C'est après avoir regardé la série télévisée avec Richard Armitage( un vrai régal pour les yeux :), que j'ai eu envie de me lancer dans ce roman de l'époque victorienne.

Margaret Hale vit dans le Hampshire avec ses parents. Elle mène une vie paisible au milieu d'une magnifique campagne anglaise. Elle aime à s'y promener, y lire, y rêver... Malheureusement son confort s'écroule lorsque que son père renonce à sa cure et décide de s’installer professeur à Milton. Elle se retrouve dans un univers totalement différent et très dur. Fini la pureté de l'air et le soleil, ici tout est sombre, tout est fumée. On peut que comprendre la tristesse que Margaret ressent.

J'ai été surprise par le sujet du roman. Je m'attendais à une histoire similaire à celle d'Orgueil et Prejugés. Or c'est différent. Alors oui au début lorsque Margaret rencontre Mr John Thornton, cela ne se passe pas au mieux. ll la trouve hautaine, elle le déteste car c'est un commerçant. Elle est pleine de préjugés envers lui. Ainsi dès le début, c'est un mauvais départ qui n'est pas sans rappeler celui de Elizabeth Bennet et de Mr.Darcy.
Mais ce roman cache autre chose. Elizabeth Gaskell donne son opinion sur les rapports entre patrons et ouvriers, la lutte ouvrière et le rôle des syndicats. C'est une véritable fresque sociale du 19ème siècle anglais qu'elle dépeint. Et elle le fait magnifiquement bien, on ne peut pas sortir indemne de ce roman qui remet beaucoup de choses en question.

J'ai beaucoup aimé Margaret Hale. De nombreux personnages pensent  qu'elle est hautaine mais je ne suis pas d'accord. C'est quelqu'un de réservé dans ses sentiments et de très honnête. Elle est aussi très forte, d'ailleurs la maisonnée repose sur elle, et heureusement sachant les épreuves qu'elle va subir tout au long du roman. Sa nouvelle vie à Milton l'a certainement chamboulé car très vite elle se range du côté des opprimés au point de défier des hommes. Ce qui n'était guère convenable pour une femme de cette époque.
Et puis il y a Thornton, le patron "détestable". C'est quelqu'un de volontaire, courageux et qui n'est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Higgins le compare même à "un bouledogue" tant il est tenace. Mais il va tomber fou amoureux de Margaret malgré la colère qu'il ressent souvent envers elle. Inconsciemment, elle le fait se remettre en question sur la façon dont il traite ses ouvriers.

J'ai adoré ce roman! Il a même détrôné Orgueil et Prejugés, ne me jetez pas de pierre! Pourquoi? Car je me suis sentie beaucoup plus proche de Margaret et Mr. Thornton est tout simplement merveilleux. De plus, l'écriture de Elizabeth est très agréable à lire et sa façon d’amener de la matière à réflexion sur la société de l'époque victorienne est admirable. Loin d'être un roman sentimental, il s'agit d'un véritable tableau du 19ème siècle.
Un délicieux roman que je regrette d'avoir déjà terminé.

Le coin des citations: 

Peut-être allait-elle défaillir, rougir, et se précipiter palpitante, dans ses bras comme si c'était là son port d'attache, son refuge naturel. Tantôt il brûlait d'impatience à l'idée qu'elle pourrait réagir ainsi, tantôt il redoutait de s'entendre repousser avec colère, et cette idée jetait sur ses perspectives d'avenir une ombre si funeste qu'il se refusait à l'envisager.

Pour marcher, Margaret marchait, en dépit du temps. Elle se sentait si heureuse dehors, aux côtés de son père, qu’elle en dansait presque. Et lorsqu’elle traversait une lande, le dos exposé à la douce violence du vent d’ouest, elle paraissait comme poussée vers l’avant, aussi légère et libre que la feuille d’automne portée par la brise.


N'hésitez pas à regarder la série, voici la bande-annonce:



mercredi 24 février 2016

Les Petites Reines de Clémentine Beauvais



Auteure: Clémentine BEAUVAIS

Edition: Sarbacane

Collection: Exprim'

Pages: 304

Prix: 15.50

Résumé: A cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le "concours de boudins' de leur collège de Bourg-en-Bresse. Les trois découvrent alors que leurs destins s'entrecroisent en une date et un lieu précis: Paris, l'Elysée, le 14 juillet. L'été des "trois boudins" est donc tout tracé: destination Paris. Et tant qu'à y monter, autant le faire à vélo comme vendeuses ambulantes de boudins, tiens! Ce qu'elles n'avaient pas prévu, c'est que leur périple attire l'attention des médias... jusqu'à ce qu'elles deviennent célèbres! Entre galères, disputes, rigolades et remises en
question, les trois filles dévalent les routes de France, dévorent ses
fromages, s'invitent dans ses châteaux et ses bals au fil de leur odyssée.
En vie, vraiment.

Avis:  Ce roman est une découverte: tout d'abord, je ne connaissais pas les éditions Sarbacane(enfin seulement de nom) et enfin je n'avais jamais lu la plume de Clémentine Beauvais.
Je ne savais pas si j'allais aimer ce roman, l’intrigue m'ayant peu convaincu, mais j'ai décidé de pousser ma curiosité un peu plus loin et heureusement car ce fut un véritable coup de cœur!

L'intrigue est très originale, la quatrième fait presque sourire mais laisse tout de même un gout amer dans la bouche. Et c'est là qu'est la beauté du roman, il fait réfléchir sur les problèmes de notre société qui juge que sur le physique. N'est-ce pas stupide d'élire des 'boudins' sur Facebook?
Comment oublier la bêtise humaine? Et le fait que l'on pas la silhouette d'une poupée Barbie? Voilà à quoi ce roman fait réfléchir!
J'ai beaucoup aimé le thème du road-trip, 3 jeunes filles et un homme handicapé qui traverse le pays en vélo afin de se rendre aux Champs-Elysées n'est-ce pas rare? Ce voyage est bourré d'humour, de bonne humeur et surtout d'un message à diffuser! L'auteur y dénonce avec clarté, l'influence néfaste des médias. Bien sûr cette histoire parle de bien d'autres choses: l'amitié, l'amour, la famille, la religion. A travers ce livre, l'auteure nous offre une véritable palette d'émotions: colère, tristesse, joie...

Les personnages sont géniaux. Les trois héroïnes sont très attachantes. Et j'ai tout simplement adoré la narratrice, Mireille avec son humeur débordante et ses phrases cassantes. Il y a ensuite Astrid, qui m'a bien rire avec ses mots déformés mais elle m'a paru moins attachante que les deux autres. Et enfin, Hakima, la plus jeune et la plus discrète que j'ai beaucoup aimé. Tout au long du voyage, on la voit évoluer en maturité. Mais il ne faut pas oublier Kader, le frère aîné d'Hakima, brisé par la guerre. Ce périple lui permettra de se reconstruire!

Le style de l'auteure est fantastique. Dès le début, je suis rentrée dans l'histoire sans m' ennuyer et arrivée au milieu, je ne pouvais plus lâcher le roman! La plume est très accessible pour les plus jeunes alors si le voyez un jour, lisez-le!

En bref, j'ai tout simplement adoré ce roman! Clémentine Beauvais met des mots sur des sujets tabous et nous permet d'ouvrir les yeux sur notre société "ultra-connectée"!

Le coin des citations:

- Tu sais changer une roue, toi ? 
- Astrid, Astrid, ne sois pas une telle noircisseuse de vie en rose. Toujours des questions qui impliquent qu’on ne sait pas faire ceci ou cela ! Je sais très bien changer une roue ! Il faut remplir une bassine d’eau, ensuite on met la roue dedans, et quand ça fait des bulles, hop c’est prêt. 
- Tu confonds avec la recette des pâtes.



 Je ne comprends pas pourquoi vous vous entêtez à revendiquer ce nom de Boudins ! s'offusque Maman. C'est un mot horrible.
- On le rendra beau, tu vas voir. Ou au pire, on le rendra puissant.
(Rubrique trucs et astuces de la vie, par Tata Mireille :
prends les insultes qu'on te jette et fabrique-toi des chapeaux avec.)    


mardi 23 février 2016

Manon Lescaut de l'Abbé Prévost



Auteur: Abbé Prévost

Edition: Belin, Gallimard

Collection: ClassicoLycée

Pages: 256 pages

Prix: 3.05

Résumé: Dès que le chevalier Des Grieux aperçoit Manon Lescaut, il tombe irrémédiablement amoureux de la séduisante et mystérieuse femme. Il s'enfuit avec elle... Très vite, Manon trompe le sage chevalier et l'entraîne dans une lente descente aux enfers. Passion, trahisons, tables de jeux, prostitution et emprisonnements jalonnent l'histoire devenue légendaire de ces deux amants.

Avis: Voici un livre que j'ai dû lire dans le cadre de mon cours de français. C'est plutôt enchantée que je me suis lancée dans cette lecture malheureusement j'en suis ressortie déçue n'ayant pas vraiment compris le sens de ce roman.

Je n'ai pas du tout accroché aux personnages. Tout au long du roman, nous suivons les pensées du Chevalier. On se rend très vite compte de la grandeur d'amour qu'il ressent pour Manon. Il est capable du meilleur et du pire pour cette femme. Mais ce "Chevalier" ne m'a pas plu du tout, je l'ai trouvé naïf et égoïste. Tant qu'il a Manon, il se moque de tout! Ah parlons de Manon, autant vous le dire, je ne vais pas tirer un portrait élogieux de son personnage, tant elle m'est apparue détestable. C'est une vraie frivole qui ne pense qu'au luxe et arrive, peut-être grâce à sa beauté, à berner beaucoup de monde afin d'obtenir ce qu'elle souhaite. Elle est  prête à se prostituer pour des choses matériels, mais elle me semble tout de même avoir un minimun d'affection pour Des Grieux.
Comme vous pouvez le voir, les deux héros m'ont plutôt laissé de glace.

Ce roman c'est surtout beaucoup de répétitions. C'est toujours la même histoire: les deux amants vivent ensemble, se disputent et finalement se retrouvent. Au début, cela pouvait être intéressant mais après avoir lu plusieurs fois la même chose, le roman devient très ennuyant.

En bref, ce roman ne m'a guère convaincu. Les personnages m'ont tellement dérangé que je n'ai pas pu apprécier ma lecture.

Le coin des citations:

"La plupart des grands et des riches sont des sots : cela est clair à qui connait un peu le monde. Or il y a là-dedans une justice admirable. S'ils joignaient l'esprit aux richesses, ils seraient trop heureux, et le reste des hommes trop misérable. Les qualités du corps et de l'âme sont accordées à ceux-ci, comme des moyens pour se tirer de la misère et de la pauvreté."

"Apprendrai-je de vous ce qu'il faut que je devienne aujourd’hui, et si c'est sans retour que vous allez signer ma mort, en passant la nuit avec mon rival ?"