samedi 19 mars 2016

Nord et Sud de Elisabeth GASKELL


Auteure: Elisabeth GASKELL

Edition: Points

Collection: Grands Romans

Pages: 685

Année de parution: 1854

Prix: 8.95

Résumé: Dans l’Angleterre victorienne au milieu du XIXème, la jeune et belle Margaret Hale mène une vie confortable auprès de ses parents, dans la paisible et conservatrice région de la  Cornouailles. Son père, ministre paroissial, décide un jour de renoncer à l'Eglise et part vivre avec sa famille dans le Nord de l’Angleterre. Margaret se retrouve alors plongée dans le monde industriel, ses duretés et sa brutalité. Au contact des ouvriers, la conscience sociale de la jeune fille s'éveille et la transformer radicalement.

Avis: C'est après avoir regardé la série télévisée avec Richard Armitage( un vrai régal pour les yeux :), que j'ai eu envie de me lancer dans ce roman de l'époque victorienne.

Margaret Hale vit dans le Hampshire avec ses parents. Elle mène une vie paisible au milieu d'une magnifique campagne anglaise. Elle aime à s'y promener, y lire, y rêver... Malheureusement son confort s'écroule lorsque que son père renonce à sa cure et décide de s’installer professeur à Milton. Elle se retrouve dans un univers totalement différent et très dur. Fini la pureté de l'air et le soleil, ici tout est sombre, tout est fumée. On peut que comprendre la tristesse que Margaret ressent.

J'ai été surprise par le sujet du roman. Je m'attendais à une histoire similaire à celle d'Orgueil et Prejugés. Or c'est différent. Alors oui au début lorsque Margaret rencontre Mr John Thornton, cela ne se passe pas au mieux. ll la trouve hautaine, elle le déteste car c'est un commerçant. Elle est pleine de préjugés envers lui. Ainsi dès le début, c'est un mauvais départ qui n'est pas sans rappeler celui de Elizabeth Bennet et de Mr.Darcy.
Mais ce roman cache autre chose. Elizabeth Gaskell donne son opinion sur les rapports entre patrons et ouvriers, la lutte ouvrière et le rôle des syndicats. C'est une véritable fresque sociale du 19ème siècle anglais qu'elle dépeint. Et elle le fait magnifiquement bien, on ne peut pas sortir indemne de ce roman qui remet beaucoup de choses en question.

J'ai beaucoup aimé Margaret Hale. De nombreux personnages pensent  qu'elle est hautaine mais je ne suis pas d'accord. C'est quelqu'un de réservé dans ses sentiments et de très honnête. Elle est aussi très forte, d'ailleurs la maisonnée repose sur elle, et heureusement sachant les épreuves qu'elle va subir tout au long du roman. Sa nouvelle vie à Milton l'a certainement chamboulé car très vite elle se range du côté des opprimés au point de défier des hommes. Ce qui n'était guère convenable pour une femme de cette époque.
Et puis il y a Thornton, le patron "détestable". C'est quelqu'un de volontaire, courageux et qui n'est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Higgins le compare même à "un bouledogue" tant il est tenace. Mais il va tomber fou amoureux de Margaret malgré la colère qu'il ressent souvent envers elle. Inconsciemment, elle le fait se remettre en question sur la façon dont il traite ses ouvriers.

J'ai adoré ce roman! Il a même détrôné Orgueil et Prejugés, ne me jetez pas de pierre! Pourquoi? Car je me suis sentie beaucoup plus proche de Margaret et Mr. Thornton est tout simplement merveilleux. De plus, l'écriture de Elizabeth est très agréable à lire et sa façon d’amener de la matière à réflexion sur la société de l'époque victorienne est admirable. Loin d'être un roman sentimental, il s'agit d'un véritable tableau du 19ème siècle.
Un délicieux roman que je regrette d'avoir déjà terminé.

Le coin des citations: 

Peut-être allait-elle défaillir, rougir, et se précipiter palpitante, dans ses bras comme si c'était là son port d'attache, son refuge naturel. Tantôt il brûlait d'impatience à l'idée qu'elle pourrait réagir ainsi, tantôt il redoutait de s'entendre repousser avec colère, et cette idée jetait sur ses perspectives d'avenir une ombre si funeste qu'il se refusait à l'envisager.

Pour marcher, Margaret marchait, en dépit du temps. Elle se sentait si heureuse dehors, aux côtés de son père, qu’elle en dansait presque. Et lorsqu’elle traversait une lande, le dos exposé à la douce violence du vent d’ouest, elle paraissait comme poussée vers l’avant, aussi légère et libre que la feuille d’automne portée par la brise.


N'hésitez pas à regarder la série, voici la bande-annonce:



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